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Amour sexe et procréation

Femelle ou mâle?
    À quoi servent les mâles?     Le sexe punaise    

Femelle ou mâle?

Comment faire faire pour avoir une fille ou un garçon? Manger des carottes? Boire de la bière?... rien de tout ça, chez nous humains, le sexe est un pure produit de la génétique puisqu'il est déterminé par les chromosomes. C'est bien connu : parmi les 23 paires contenues dans une cellule, l'une est considérée comme « chromosomes sexuels ». XX pour une fille et XY pour un gars. Dans ce cas, le chromosome Y est très différent de son voisin X. ce sont les spermatozoïdes qui feront la différence. La moitié d'entre eux transporte un X et l'autre moitié un Y, une chance sur deux donc.

Comment ces deux bouts d'ADN peuvent décider qu'un œuf deviendra fille ou garçon? Des études très pointues ont montré que la présence du chromosome Y était déterminante. Il possède en effet sa botte secrète : le gène « Sry ». ce gène produit en effet une protéine qui va développer une authentique paire de testicules dans le petit embryon -vers la huitième semaine de vie. Sans ce gène Sry, il y aura des ovaires.

Simple et limpide. La nature est bien faite, n'est-ce pas?

L'ennui, c'est que cette limpidité n'est valable que pour un petit nombre de bestioles, les mammifères et quelques autres. Les oiseaux eux, on opté pour l'option inverse : ce sont les femelles qui ont deux chromosomes différents ZW, alors que les mâles en on deux pareils WW. C'est à peu près la même chose chez la plupart des lézards, mais tout différents chez les crocos (pourtant plus proches des oiseaux que des lézards).


Chez ces fournisseurs de maroquinerie le sexe est déterminé par ...la température. Au dessous d'une certaine température on a que des femelles, au dessus, que des mâles. Quand tout va bien, les œufs sont juste à la bonne température pour qu'il y ait autant des deux. Chez les tortues, c'est le même principe, sauf que la fraicheur favorise plutôt les mâles.

Du côté des poissons, c'est un vrai bazar. Beaucoup ont en effet l'habitude de changer de sexe en cours de route. Souvent, ils sont mâles au début et deviennent femelles en vieillissant. C'est donc l'âge qui joue. Chez le poisson-clown c'est encore autre chose : dans un groupe, on trouve une femelle et plusieurs mâles. Si la femelle disparaît, emportée par un collectionneur ou mangée par un mérou des tropiques, le plus vieux des gars change de sexe et devient la fille du groupe.

Les gastéropodes pratiquent volontiers l'hermaphrodisme, mâle et femelle à la fois (ce qui n'empêche pas de joyeuses copulations). Une espèce fait dans l'original : la crépidule. Son nom latin est déjà tout un programme : crépidula fornicata. Il faut dire que la bestiole a une singulière habitude : passer sa vie en pile. Les crépidules se montent les unes sur les autres et ça détermine leur sexualité. Celle du dessous, la première arrivée, est une femelle. Celle du dessus est un mâle. Entre les deux, une ribambelle d'intermédiaires.



Chez les insectes, c'est souvent une histoire de chromosomes X et Y qui détermine le sexe. Mais chez les insectes sociaux comme les abeilles et les fourmis. Dans leur cas, c'est la reine-mère qui décide. Lorsqu'elle pond elle a en effet le choix entre féconder son œuf avec un spermatozoïde de sa réserve ou pas. Si elle prend la première option, cela donnera une femelle -une ouvrière le plus souvent. Sinon, elle aura un mâle, un gros paresseux qui ne fera rien de la journée jusqu'à la saison des amours.

Chez le puceron, c'est encore autre chose. Au printemps, les femelles s'installent sur une plante et pondent des bébé pucerons. Plutôt, des puceronnes, car ce ne sont que des filles produites par parthénogenèse, c'est à dire que l'ovule n'est pas fécondé. C'est un peu monotone mais super efficace pour envahir un jardin. À la fin de l'été, quand le temps fraichit, allez savoir pourquoi, ces dames puceronnes se mettent à pondre des filles et des gars, affublés d'ailes par dessus le marché.

Mâles et femelles font ce qu'ils ont à faire puis les femelles vont pondre bien à l'abri, des œufs qui résisteront à l'hiver, d'où sortira, au printemps... des puceronnes.





 

À quoi servent les mâles?

Quelle saugrenue question! Diront les machos de tout poils, c'est une évidence: le mâle apporte son indispensable semence, son spermatozoïde qui fécondera le femelle ovule. Seulement, la nature n'aime pas les évidences.

Et il existe, dans la nature, bon nombre de créatures qui se passent fort bien du masculin. C'est que, entretenir un tel genre coûte cher. Prenez une espèce quelconque, chien, chat ou mouche. À peu près la moitié de ses représentants est mâle, l'autre femelle. Or qui fait des petits? Les femelles. La moitié de la population s'occupe donc de perpétuer l'espèce tandis que l'autre moitié se tourne les pouces.

Oui, mais, pour que les femelles procréent, encore fallut-il qu'elles trouvent des mâles pour les féconder.

Exact. Mais un mâle suffirait à satisfaire bon nombre de femelles, comme le montrent les lions, gorilles et autre éléphants de mer. Nourrir autant de mâles est donc bien un gaspillage.

Et puis, il est des espèces qui ont finit par se débarrasser définitivement de la gente masculine. C'est le cas de certains lézards dont les femelles ne pratiquent plus que la parthénogenèse, c'est à dire que leurs ovules deviennent embryons sans l'intervention d'aucun spermatozoïde. Ainsi, toute la population engendre une descendance. C'est très avantageux. La mathématique montre bien cela : si, une espèce A se reproduit par simple doublement, un individu en donne deux, qui chacun en donneront deux et ainsi de suite. Le nombre augmente très vite.

A1

A2 A2'

A3 A3' A3'' A3'''



Tandis que dans une population B adepte de l'accouplement, il faut deux individus pour en donner un, qui devra à son tour trouver un partenaire pour engendrer un descendant... La population n'augmente pas, ou très lentement.

B1 x B1'

B2 (...x B2')

B3

Se reproduire seul est donc bien plus intéressant pour développer une population.

C'est du clonage! L'avantage est certes très net et permet d'augmenter plus vite la population, mais avec quelle diversité? Aucune! Il suffit qu'un virus s'active dans les parages et hop! Plus personne! L'avantage ne dure guère. Alors qu'avec plein de mâles prêts à s'accoupler, c'est une assurance pour la diversité, croyez-moi!

Pourtant, il existe des groupes d'animaux qui ne pratiquent que la parthénogenèse depuis des lustres : les rotifères bdelloïdes par exemple. Ce sont de minuscules bestioles aquatiques munies de sortes de palettes rotatives qui leur permettent de filtrer l'eau pour se nourrir. C'est très joli à voir. Chez ces animaux, il n'y a que des femelles. Et elles sont très prolifiques depuis des millions d'années.

Et si l'on prend en compte l'idée qu'en mêlant leurs cellules reproductrices, les espèces améliorent leur diversité génétique, et que cette diversité est un avantage, pourquoi ne pas s'inspirer des escargot hermaphrodites? Chez eux, on est tous mâle et femelle, ainsi, on s'accouple et on fait TOUS des petits. Chez eux, pas de bataille pour la reproduction, pas de guerre des sexes, pas d'extravagantes parades, c'est une sacrée économie d'énergie!

Alors comment expliquer que la très grande majorité des espèces ait encore des mâles à nourrir? C'est parce que la nature aime trop la diversité! Ou bien, on peut pratiquer la reduction de la mâlitude comme le font si  ien la baudroie abyssale  ou le ver Bonellie : les mâles sont réduits à presque rien et du coup, ne coûtent pas trop cher... Avis aux amatrices!






Le sexe punaise

« Bonjour monsieur Cimex. Alors, il paraît que vous avez des mœurs disons... débridés ?

- Débridés ? Comment ça ?

- C'est à dire que vous sautez sur tout ce qui passe pour copuler, à ce qu'on m'a dit.

- Et alors ? Comment vous faites, vous ? Et puis n'exagérons rien, je ne le fais qu'après un bon repas !

- On m'a dit aussi que vous n'étiez pas très galant.

- Dites, c'est une interview ou un procès que vous me faites là ? Et puis d'abord c'est quoi être galant ?

- Ben, on se présente, on offre un p'tit cadeau... On est délicat avec les dames, quoi !

- Dites-donc, vous devez avoir du mal à vous reproduire, vous, avec des trucs pareils... Nous les punaises, on est pour la simplicité : je vois une fille, hop ! Je lui injecte une lampée de sperme et elle est contente !

- Comment le savez-vous ?

- Facile! Souvent les filles sont couvertes de cicatrices, c'est qu'elles en redemandent !

- Des cicatrices ?

- Ben oui ! Pour y injecter son sperme, faut bien y faire un trou ! Alors après, ça fait une petite cicatrice. Et comme à chaque fois qu'elle rencontre un type, il lui saute dessus, ça lui fait plusieurs cicatrices !

- C'est horrible ! Il y a un organe pour faire ça, un vagin, exprès pour copuler !

- On est des nocturnes nous, alors dans le noir, si vous croyez qu'c'est facile ! Et puis, bon, on n'a pas qu'ça à faire !

- Mais en faisant ça n'importe où, vous n'avez aucune chance de faire des bébés, c'est du temps perdu !

- Et pourquoi vous croyez qu'on est en pleine recrudescence ces temps-ci ? Bien sûr que ça marche ! Nos spermatozoïdes, c'est pas des chiffes molles, vous pouvez les mettre n'importe où, ils trouvent toujours le moyen d'arriver à l'ovule !

- Comment ?

- Ben à la nage, pardi ! Y nagent dans le corps jusqu'aux ovaires et là, y z'y vont ! Croyez-moi, ça marche et les nanas, elles ont plus qu'à pondre ! Enfin quand c'est des nanas...

- Parce que des fois c'en est pas ?

- J'vous ai dit, on fait ça dans le noir ! Alors des fois, ça m'arrive de tomber sur un type.

- Et alors ?

- Ben pareil ! J'le transperce. Mais là, mes p'tits spermatos, y trouveront pas d'ovules, c'est sûr ! - En tout cas pas c'coup-là !

- Comment ça ?

- Dans le corps du type, ils vont nager jusqu'à son réservoir perso. Comme ça, quand lui, il tombera sur une nana, c'est mes spermatozoïdes qu'il va lui injecter ! Génial, non ?

- Euh, c'est vous qui le dites... Bon, ben je vous remercie de...

- Z'êtes mignonne, vous, c'est comment vot'nom ?

- Drosophile... Euh...??... arrêtez de me regarder comme ça ! »





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