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100% chimique

CHO et compagnie      Les zormones    Chimic toxic     Le musée des biomolécules

CHO & cie


Maintenant que les atomes n'ont plus de secrets pour vous, il est temps de de s'attaquer aux molécules. Et surtout à celles qu'on trouve dans les mouches, les cochons, le professeur Noyau et les lecteurs de Drosophile.



Les petites briques

Vous avez certainement été petit un jour, et là, il y a des chances que vous ayez joué aux LégoTM, non ? Des petites briques aux formes simples et peu variées avec les quelles ont peu faire tout plein de choses, avec de l'imagination ou en suivant le plan fourni avec. Et bien la nature, c'est un grand jeu de Légo avec quelques briques moléculaires elle a fait des millions de créatures différentes. Mais là, pas avec de l'imagination ni de plan pré-établi... c'est rien que le hasard des combinaisons associée aux lois implacables de la physique et à celles de la sélection naturelle qui ont conduit à leurs formations et leur utilisation par les êtres vivants.

Ce sont des molécules faites de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Comme les légos, une brique est difficile à casser mais s'assemble sans problème à d'autres briques.

Les savants les ont groupés en plusieurs catégories :

      • les sucres, ou glucides comprennent le glucose, le fructose, le ribose et quelques autres ;

      • les acides gras et les stérols, un peu plus compliqués ;

      • les acides aminés, au nombre 20 de la simple «glycine au tarabiscoté tryptophane ;

      • les bases azotées au nombre de 5 : Adénine (A), Guanine (G), Cytosine (C), Thymine (T) et Uracile (U) ;

      • et quelques autres dont on ne causera pas ici.





Jeux de construction

La plupart des briques citées plus haut sont solubles dans l'eau -sauf les acides gras entre autres. Alors si la fabrique de la vie s'était contenté de cela... nous n'existerions pas (c'est le stade « Légos éparpillés dans toute la chambre »). Elle a au contraire été basée sur des assemblages, des constructions moléculaires. En rassemblant des briques, elle a construit de grosses molécules, les polymères, capables d'agir ou de s'associer. Ayant une forme propre, ils peuvent être à l'origine de structures plus complexes (et plus grandes).

Avec les glucides et les bases azotées on peut fabriquer les ADN et les ARN. L' ADN, Acide Désoxyribonucléique pour les intimes, détient l'information génétique, transmissible de générations en générations. L'ARN, lui (Acide Ribonucléique) assure l'exécution de cette information (c'est le décodeur). Les glucides sont aussi des sources d'énergies stockables sous forme de saccharose (le sucre blanc), d'amidon...

les acides aminés sont assemblés pour faire des protéines. Selon l'ordre d'assemblage, selon les acides employés et leur nombre on obtient des tas de sortes de protéines différentes qui servent à tout : ossature de la cellule ou du corps, outils chimiques (enzymes), hormones...

Les acides gras forment les lipides, indispensables pour faire des membranes cellulaires ou pour stocker de l'énergie. Les stérols permettent de produire des hormones et d'autres substances utiles.

Bref, chaque brique peut être associée à d'autres dans la construction d'un bel édifice : la cellule... comme un jeu...



 








Les Zormones


Un bouton vous pousse sur le nez ? C'est les zormones ! Un ado qui réclame un scoot' pour jouir pleinement d'une plus grande liberté ? C'est encore un coup des zormones ! La sueur qui vous perle au front rougi d'émotion quand la fille de la voisine vous regarde (ou le garçon si vous êtes un fille)? Toujours les zormones ! Et les zormones, c'est de la chimie...



Avec un H

Les zormones, ça s'écrit Hormones, mais il faut quand même faire la liaison. mais qu'est-ce que c'est exactement ? On désigne sous ce terme un lot de molécules produites par un organisme, circulant dans son sang et servant à régler divers paramètres vitaux. Une hormone ça marche toujours pareil : lorsqu'il y a besoin d'augmenter ou de diminuer un paramètre (la température, le taux de sucre, de sel, la pression sanguine, l'activité digestive... tout est réglable), hop ! Un flot d'hormones spécialisées est envoyé dans le sang. Elles vont agir sur tous les organes concernés par ce paramètre et modifier leur activité. Une fois que le réglage est bon, on arrête d'envoyer les hormones.

Dans le corps il y a toujours des tas de trucs à régler en permanence et le sang n'arrête pas de transporter des tas d'hormones. Et puis, après une enfance plus ou moins tranquille, le corps doit aussi régler une métamorphose : celle du gamin qui devient un grand. Chez les humains ça s'appelle la puberté. Chez les mouches, c'est la nymphose et c'est très différent, en fait, même si c'est aussi grâce aux hormones que ça se fait.



Poils aux ados !

Vers l'âge de 10-11 ans, parfois plus tard, parfois plus tôt, de discrets signes annonce les bouleversements à venir : quelques poils grandissent ça et là, le mamelon enfle.. c'est l'annonce de la puberté.

Chez les filles, elle commence en général par une poussée de poils aux aisselles et au pubis et un gonflement de la poitrine. Quelques temps après un petit saignement signale les premières règles et en même temps, le démarrage de l'activité « reproductrice » des ovaires et de l'utérus.

Cette métamorphose est réglée par des hormones : le cerveau, après avoir consulté son horloge interne et vérifié sur le calendrier, lance le bal en envoyant quelques flopées de son hormone perso : la GnRH -qui abrège le mot imbuvable et anglican de Gonadotrophin Realising Hormon. Celle-ci n'agit que sur un organe situé juste sous le cerveau, l'hypophyse qui est une glande grosse comme un pois.

À son tour, l'hypophyse, réveillée par la GnRH, se met à produire ses hormnes et à les envoyer dans le sang. Elle sait en faire plein d'hormones, mais dans le cas présent , elle en produit deux : la FSH et la LH.



Ces deux substances trouveront leur cible dans les ovaires qui étaient eux aussi en sommeil depuis la naissance. Un ovaire de fille est rempli de futures ovules endormis et protégés par de petites cellules « folliculaires ». contrairement au prince charmant qui réveille sa belle en l'embrassant, la FSH activera les cellules-nourrices de l'ovule. Celles-ci vont alors se multiplier et produire à leur tour, devinez-quoi ? Des hormones !! en particulier des appelées œstrogènes. Ce sont elles qui vont provoquer l'essentiel des changement physiques et féminins.

Chez les gars, il se passe la même chose, sauf que ça arrive généralement un peu plus tard et ce sera une autre hormone : la testostérone. Elle est fabriquée surtout par les testicules des mâles (oui, je sais il n'y a que les mâles qui ont des testicules, mais c'est pour dire que les femelles en fabriquent aussi avec autre chose que des testicules).

Le rôle premier de la testostérone est d'inciter à la fabrication des spermatozoïdes. Mais c'est aussi l'hormone qui fait le mâle. Ça se voit bien chez les ados : à partir de 10-11 ans, leur corps se met à en fabriquer de plus en plus. Ce changement « hormonal » est rapidement suivi par une série d'autres plus visibles sur l'ado : ses organes sexuels grandissent, du poil pousse un peu partout, sa voie s'aggrave, son squelette s'épaissit, il veut un scoot', il devient bizarre quand une fille lui parle ... Bref, le garçon se transforme en homme. Tout ça, c'est la testostérone qui le fait. Son apparition est lié à l'horloge interne du corps.

Accessoirement, cette hormone a un terrible effet « anabolisant », c'est-à-dire qu'elle favorise le développement des muscles et augmente leur puissance. Rudement pratique quand on veut gagner le tour de France ou les jeux olympiques -suffit de pas se faire pincer par un contrôle.



Comment agit l'hormone ?

Pour agir, une hormone en transit dans le sang doit s'arrêter sur les bonnes cellules des bons organes. Facile à trouver, ce sont celles qui possèdent les bons récepteurs, ceux dans lesquels l'hormone pourra se ficher, comme une clé dans sa serrure.

Par exemple, les petits muscles des bronches possèdent des récepteurs à l'adrénaline. Dès qu'ils en reçoivent, hop ! Ils se détendent et augmentent ainsi le diamètre des tuyaux respiratoires. Cette réaction demande une série d'intermédiaires à l'intérieur des cellules qui serait trop longue à détailler.

La testostérone, elle, rentre carrément dans les cellules pour y trouver le fameux récepteur-serrure. Ensemble, ils vont activer directement certains gènes.



Voilà comment une belle collection de molécule transforme votre for intérieur !



Chimic toxic

En 2004, le WWF propose à des députés européens d'analyser leur sang. Pas pour savoir s'ils ont trop bu, mais pour rechercher des produits chimiques qui n'ont rien à y faire. Les résultats furent éloquents.



100% des gens seraient contaminés

Tous les députés testés, même les plus écolos d'entre eux, contenaient des substances chimiques polluantes : phtalates, PCB, retardateur de flamme bromé, bisphénol, dioxine, composés perfluorés, pesticodes organo-chlorés... 76 produits ont été détectés en tout. En moyenne, nos braves députés en contenaient 41 différents.

Le même test a été réalisé chez 13 ministres de l'environnement avec les mêmes résultats. Puis sur des familles, pour des conclusions identiques : nous sommes tous contaminés. Sur l'ensemble des personnes testée, on aura trouvé, en moyenne, plus de 5 mg de produits chimiques par g de sang... plus que le glucose !



Respirez, c'est gagné !

Comment peut-on en arriver là ? Pour les besoins de l'industrie, pour nous fabriquer de beaux produits, les fabriquants utilisent des tas de produits. Par exemple, le retardateur de flamme bromé est là pour vous protéger d'un incendie. Les phtalates donnent au plastique souplesse et douceur au toucher. Grâce aux composés perfluorés, votre poêle n'attache plus, votre imper est vraiment imperméable. Quant au bisphénol A, il est Le composant essentiel de tas d'objets en plastoc, de résines et d'encre d'imprimerie (celle des caisses enregistreuses notamment). Et bien sûr, il y a tous ces produits détergents, désodorisants, déminéralisants, désinctisants, désherbants que vous répandez à longueur de journée pour assainir votre logis. Au contact de l'air ou de l'eau, ces molécules, même si elles étaient bien attachées au départ, ont tendance à s'échapper tout doucement. Même si ça ne donne pas de goût à l'eau de votre bouteille, ça sera toujours ça que vous boirez en plus. Évidemment, tout ce qui se mêle à l'air finit par vous intégrer par voie pulmonaire.



C'est grave docteur ?

Ces substances ont des effets potentiellement néfastes sur la santé, des tas de rats et de souris de laboratoire pourraient en témoigner si ils étaient encore de ce monde. Les retardateurs de flamme retardent aussi le développement du cerveau mais accélère celui des cancers, tout comme les fameux PCB (interdits depuis 20 ans mais toujours très présents dans nos rivières) et les dioxines.

Les phtalates et le bisphénols sont plus retords : ce sont des perturbateurs endocriniens. Ils peuvent vous déstabiliser le système hormonal avec de drôles de conséquences.

Ces molécules peuvent en effet s'immiscer à la place de certaines hormones (les hormones sexuelles entre autre) parce qu'elles leur ressemblent un peu. Cela peut procoquer divers troubles troublants : atrophie testiculaire, baisse de la fertilité, malformation, cryptorchidies, puberté précoce, troubles nerveux (notamment des cas d »hyperactivité » ont été signalés)... bref, ils perturbent les messages des hormones.

On est fichus donc ?

Meuh non ! Disent les officiels (et les fabricants), puisque les gens n'en reçoive que de minuscules doses de ces produits. Et tout le problème est là : nous accumulons tous, à longueur de journée, des micro-doses de saletés chimiques, micro-doses qui n'ont souvent pas d'effet sur les rats de laboratoire. Mais ces rats-là n'en reçoivent qu'un à la fois de produit.. et leur vie est bien courte comparée à la nôtre.




Le  musée des biomolécules

extrait de mille milliards de cellules ! editions ellipses












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